L’allumage de la flamme à Olympie et le premier relais sont instaurés en 1936 à l’occasion des Jeux de Berlin (Allemagne).
La devise des Jeux Olympiques mise de l’avant par Pierre de Coubertin est : Citius Altius Fortius signifiant « plus vite, plus haut, plus fort ».

Début des Jeux Olympiques dans:

 

Le CIO devrait-il intervenir à Pékin ?
par Jean-Christophe Mercille

     Le treize juillet 2001 à Moscou, alors que la Chine obtenait le privilège de tenir les olympiades d’été de 2008 sur son territoire, des promesses ont été faites. Ces promesses ont été faites au Comité International olympique et à la communauté internationale dans le but d’obtenir les olympiades d’été de 2008. Elles consistaient en l’amélioration des conditions de liberté d’expression au niveau de la presse écrite, de la cyber-presse et des droits humains. Six ans plus tard, une fois les Jeux obtenus, ces promesses n’ont toujours pas été tenues et plusieurs organismes tels que Reporters sans frontières croient que la Chine n’avait jamais eu comme plan de tenir ces promesses. Des reporters et des bloggeurs militant pour la liberté d’expression et l’amélioration des droits humains sont emprisonnés et condamnés à de longues sentences seulement parce que ceux-ci font part de leur point de vue publiquement1. Ils sont condamnés sous prétexte qu’ils nuisent au gouvernement chinois et qu’ils «incitent au renversement du pouvoir de l’état».  À l’aube de la cérémonie d’ouverture des jeux de Pékin, 30 reporters et plus de 50 utilisateurs d’Internet sont toujours détenus dans le cadre du programme de propagande. Certains d’entre eux sont détenus depuis les années 1980 et plusieurs d’entre eux sont mort au courant de leur emprisonnement. C’est pourquoi les opinions sont partagées au niveau de la communauté internationale quant à la décision du Conseil International Olympique (CIO) de tenir les Jeux Olympiques d’été de 2008 en territoire chinois2. Ce qui choque la communauté internationale, c’est le silence maintenu par le CIO et son président, Jacques Rogge. Dans une lettre adressée à celui-ci, Reporters sans frontières exposent tous les faits au président du CIO. La communauté internationale ne peut concevoir que les olympiades d’été soient tenues dans le pays qui constitue la plus grande prison de reporters du monde, et que ceux qui ne sont pas emprisonnés se voient dans l’obligation d’agir selon les ordres du département de la propagande qui empêche toute forme de journalisme libéral en Chine et dans un pays où les principes humains de la charte olympique ne sont même pas près d’être respectés3.

     D’ailleurs, les organisations olympiques nationales n’agissent pas différemment du CIO. L’Association Olympique Britannique demande à ses athlètes de ne pas se prononcer sur des sujets chauds tels que la libération du Tibet ainsi que les droits de la personne et de liberté d’expression. Toute forme de dévoilement de position à cet égard est punie et l’athlète ayant communiqué son opinion, peu importe le moyen utilisé, est passible d’être exclu de l’équipe nationale de son pays. Le Royaume-Uni prépare ses athlètes à faire face aux médias chinois en leur préparant des réponses pour ne pas causer trop d’émois par une déclaration controversée. L’Australie a aussi adopté une approche semblable. Des pays comme le Canada, les Etats-Unis, les Pays-Bas et la Belgique ont annoncé publiquement que leurs athlètes n’auront aucune restriction quand à leur liberté d’expression. La Norvège a quant à elle décidé d’informer ses athlètes au sujet des points chauds au niveau de la liberté en Chine et encourage ceux-ci à donner leur opinion à ce sujet. Les dirigeants norvégiens croient que leurs athlètes seront mieux préparés à faire face à la vérité une fois sur le terrain. La Suède organisera un programme similaire au programme d’information norvégien4.

     Enfin, les autorités chinoises empêchent aussi toute présence médiatique sur le territoire tibétain et freinent toute nouvelle ne provenant pas du département de propagande de sortir du Tibet. C’est à se demander qu’est ce que la Chine tente de cacher à ce point. Dans une autre optique de censure, un communiqué interne chinois a été intercepté par Reporters sans frontières. Ce communiqué demande aux techniciens du programme de propagande d’ajouter de nouveau mot clés de la liste de mots inaccessibles dans les moteurs de recherche. Ces mots clés ont tous un lien avec les droits de l’homme et les différents groupes qui les défendent. La Chine tente de tenir son peuple dans l’ignorance en contrôlant l’information auquel celui-ci a accès ; moins le peuple connaît ses droits fondamentaux, mois celui-ci sera en mesure de les revendiquer. C’est pourquoi on tient les reporters loin des points chauds tels que le Tibet. La Chine est comparable à l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques à cet égard, elle tient son peuple dans l’ignorance pour mieux le contrôler et c’est ce que les organismes tels que Reporters sans frontières dénoncent, et c’est pourquoi le Comité International Olympique devrait agir ou du moins sortir du silence, car la cérémonie d’ouverture n’est que dans quelques mois5.

 

Sources


1. «Repression continues in China, six months before Olympic Games». Reporters sans frontières. [En ligne]. http://www.rsf.org/rubrique.php3?id_rubrique=174. (sans date). ( Page consultée le 20 février 2008).

2. «With exactly six months to go to Beijing Olympics, Reporters Without Borders condemns broken promises». Reporters sans frontières. [En ligne]. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=25512. (7 février 2008). (Page consultée le 20 février 2008)

3. «Reporters Without Borders wrote to IOC Jacques Rogge». Reporters sans frontières. [En ligne]. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=22971. (sans date). (Page consultée le 20 février 2008)

4. «British Olympic Association told it must not restrict athletes’ freedom of speech». Reporters sans frontières. [En ligne]. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=25680. (11 février 2008). (Page consultée le 20 février 2008)

5. «How cyber-censors blocked dissemination of report on Internet censorship». Reporters sans frontières. [En ligne]. http://www.rsf.org/article.php3?id_article=25318. (1er février 2008). (Page consultée le 20 février 2008)