Athènes a accueilli les Jeux Olympiques modernes en 1896 et en 2004, Los Angeles en 1932 et en 1984, Paris en 1900 et en 1924 et Londres en 1908 et en 1948.
La gymnaste russe Larissa Latynina, avec ses 18 médailles au total en 3 olympiades (1956-1964), est l'athlète ayant récolté le plus de médailles (9 or, 5 argent, 4 bronze).

Début des Jeux Olympiques dans:

 

Les Jeux Olympiques : une histoire qui rassemble
par Sophie Bélanger

Les Jeux Antiques : Culte voué aux dieux

     Selon le mythe le plus ancien, les Jeux Olympiques seraient l'invention d'Héraclès de l'Ida, l’un des Dactyles, mais selon d'autres mythes, les Jeux auraient été institués par Zeus lui-même, en mémoire de sa lutte avec Kronos pour le trône de l'Olympe1.

     Néanmoins, selon les récits historiques, les premiers Jeux antiques, dédiés aux dieux grecs, furent célébrés, pour la première fois, environ dans les années 776 av. J.-C et se déroulèrent dans les plaines d’Olympie. Site des Jeux Olympiques antiques, Olympie est située à l'ouest du Péloponnèse qui, selon la mythologie grecque, est l’île de « Pélops », en mémoire du fondateur des Jeux Olympiques2. D’ailleurs, l’importance de ces jeux fut si considérable que la chronologie du temps, en Grèce, repose sur l’ère des Olympiades, en d’autres mots, les années étaient calculées à partir du commencement des Jeux Olympiques, soit vers 776 av. J.-C3. En ce sens, d'imposants sanctuaires et monuments commémoratifs furent érigés près de la palestre et du gymnase dans un site naturel d’une beauté mythique unique où, au centre, s'élevèrent les majestueux temples de Zeus et d'Héra, suscitant ainsi un lien très étroit entre culte et compétition4. Alors, comme les Jeux Olympiques revêtèrent les couleurs d’un concours sportif pentétérique (signifiant qu’il a lieu tous les quatre ans), les guerres tout comme le quotidien étaient suspendus, période de la « Trève sacrée », pour laisser place à ces épreuves sportives dans l’optique de glorifier les dieux, soi-même, en tant qu’athlète, ainsi que sa cité d’appartenance. En outre, ces jeux couvrèrent une semaine entière d’activités sportives, notamment la course à pied, la course en armes, la lutte ainsi que le pugilat qui se déroulèrent dans le stade, et les courses de chevaux attelés en quadriges (signifiant quatre chevaux) qui se produisèrent à l’hippodrome. Mais, il ne faut surtout pas passer outre la discipline du penthatlon, la dernière de toutes, qui réunit cinq pratiques différentes, soient le saut, le lancement du disque, le lancement du javelot, la course et la lutte. Cependant, sous peine de mort ou d’être précipitées dans le vide, les femmes ne purent participer ni même assister à la cérémonie de ces Jeux Olympiques antiques, exclusiment réservés aux citoyens grecs, c’est d’ailleurs pourquoi plusieurs d’entre elles se déguisèrent en homme afin d’entrer de façon incognito dans le stade. Puis, lors du cérémonial des honneurs à la toute fin des jeux, qui se déroula dans le vestibule surélevé du temple de Zeus, le héraut (juge dans le jargon olympique grec) annonça le nom du vainqueur, de son père et de sa cité. Leur seule récompense fut la victoire en elle-même ainsi qu’une couronne composée d’un rameau d’olivier sacré, le kotinos, mais tout de même considéré tel un triomphe, d’autant plus que pour certains, ils furent honorés par leurs cités par l’élévation de statues qui les représentèrent5.

     Toutefois, dès le début du Xe siècle av. J.-C., Olympie devint un lieu de rencontre destiné aux activités religieuses et politiques. En effet, les Jeux Olympiques furent étroitement liés aux fêtes religieuses et au culte de Zeus, sans pour autant faire partie intégrante d'un rituel. Également, ils présentèrent un caractère laïque temporel et visèrent à démontrer les qualités physiques et l'évolution des performances accomplies par les athlètes, ainsi qu'à faire prévaloir de bonnes relations entre les cités grecques6. D’ailleurs, pendant cette semaine de festivités olympiques, plusieurs négociations d’ordre diplomatiques s’imposèrent, notamment des traités de paix ainsi que des alliances furent couramment signées, en plus des citoyens grecs qui en profitèrent pour renouer certaines relations sous l’égide d’un sacrifice envers les dieux, d’autant plus qu’ils réaffirmèrent leurs sentiments d’appartenance à une civilisation commune7.

     Enfin, les Jeux Olympiques durent leur pureté et leur importance à la religion, mais ils ne furent célébrés seulement jusqu’en 393 après J.-C., suite à 12 siècles de pérennité, puisque l’empereur Théodose Ier les abolit, lors de son accession au trône, pour cause de propagation du paganisme, une forme de polythéisme grandement appuyée par les paysans de cette époque, alors qu’il appuya avec ferveur le christianisme8.

 

Les Jeux Olympiques : un Patrimoine inaliénable de l’Humanité

     À priori, si les jeux antiques ont décliné, c’est sans doute en raison de l’avènement d’un certain désir du gain, du profit, du pari ainsi que la déloyauté y étant associée9, mais voilà que le Français Pierre de Coubertin décide d’en métamorphoser la philosophie de par ses deux objectifs moraux majeurs, soient « réformer l’enseignement et faire du sport une activité essentielle »10. En ce sens, dès l’âge de vingt ans, Coubertin se transporte vers l’Angleterre dans le but d’enquêter sur leur système d’éducation, notamment aux Universités d’Oxford et de Cambridge, où il est émerveillé de constater que l’aviron ainsi que le cricket constituent des pratiques sportives non seulement renommées, mais aussi enseignées. De retour, trois ans plus tard, sur le sol français, Pierre de Coubertin désire alors de « rebronzer la France » en vertu de quoi il écrit une multitudes d’articles, prononce de maintes conférences11 dont le 23 juin 1892, lors d’un congrès international de l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA), en Sorbonne, où il évoque l’idée d’un possible retour des Jeux Olympiques. En 1894, lors d’un second congrès, des délégués du monde entier adopte son projet de rétablissement des Jeux Olympiques ainsi que la constitution du Comité international olympique (CIO)12. Tel était l’ultime apogée dans sa quête pour la réalisation de ces objectifs premiers. C’est alors qu’une pédagogie révolutionnaire, qui sonne le glas d’une pensée vieille de la IIIe République de France voulant que l’activité physique soit un danger de mort pour les étudiants, apparaît en présentant quatre aspects fondamentaux : culturel (le survol des connaissances plutôt que la spécialisation), historique (l’enseignement de l’histoire doit être transformé), social (la culture doit être accessible aux masses populeuses) et sportif (le sport servira à combattre la déchéance physique et morale dont l’oisiveté menace la civilisation). Justement, c’est dans cette optique que Coubertin aspirait convaincre tous les sceptiques, par l’exemple de l’école Monge, qu’il était possible de réduire les heures de travail scolaire au profit du sport et ce, sans même devoir changer les programmes d’éducation. À cette école, là où diverses activités physiques y étaient intégrées, l’énergie, l’enthousiasme et la joie s’émancipaient d’autant plus que les résultats scolaires grimpaient13. C’est alors que le 6 avril 1896, les premiers Jeux Olympiques de l’ère moderne se déploient à Athènes, en Grèce, en commémoration du site où toutes ces festivités sportives avaient pris place pour la première fois de l’histoire de l’humanité. Par la suite, Coubertin évoque aux lecteurs belges de la « Revue des Sports » les quatre avantages élémentaires des Jeux Olympiques modernes, tels l’assemblage de tous les sports obligés de collaborer en cohésion pour le progrès de l’éducation physique puis la réunion de toutes les nations dans un esprit de compétition profitable au bien de tous14. Toutefois, cette harmonie a connu certaines brèches, notamment lors des deux guerres mondiales que la planète a connues, en d’autres mots, les Jeux Olympiques qui devaient avoir lieu pendant ces périodes d’instabilité politique, soient ceux de 1916, 1940 et 1944, n’ont simplement pas été célébrés, d’autant plus que lors des Jeux d’Anvers, en 1920, l’Autriche, l’Allemagne, la Bulgarie, la Hongrie et la Turquie n’y ont pas été conviés pour cause de pays indigne à célébrer l’olympisme. Également, le Japon ainsi que l’Allemagne, pour une seconde fois, n’ont pas été invités aux Jeux de Londres en 194815. C’est pourquoi, en 1927, Pierre de Coubertin a, certes, désiré corriger le tir alors que l’humanité semblait dévier de sa route en rappelant à tous ce que représente réellement l’Olympisme, soit un état d’esprit issu d’un culte voué à l’effort et à l’eurythmie plutôt qu’un système simpliste, un rassemblement vers la perfection de l’homme, en fait, « une fête quadriennale de la jeunesse universelle du printemps humain [...], une manifestation pédagogique, une école de noblesse et de pureté morale autant que d’endurance et d’énergie physique »16.

     D’un tout autre ordre d’idées, les symboles s’apparentant aux Jeux Olympiques sont effectivement nombreux, particulièrement le drapeau olympique, qui est assurément celui le plus connu. Créé par le rénovateur des jeux lui-même en 1913, mais inauguré en 1920, lors des Jeux d’Anvers, dans le but de commémorer le vingtième anniversaire de l’Olympisme moderne, le drapeau constitue une pièce de tissu blanc sur laquelle sont entrelacés cinq anneaux de couleur bleu, jaune, noir, vert et rouge. À ce propos, Coubertin a écrit dans la « Revue olympique » d’août 1913 que « ces cinq anneaux représentent les cinq partie du monde désormais acquises à l’Olympisme et prêtes à en accepter les fécondes rivalités [et dont] les six couleurs17 ainsi combinées reproduisent celle de toutes les nations sans exception ». Par ailleurs, il est probable que les anneaux olympiques soient au nombre de cinq parce qu’alors cinq olympiades modernes avaient été célébrées et également le fait que, pour la première fois, les cinq continents avaient été représentés lors des Jeux de Stockholm18. En outre, Pierre de Coubertin a écrit un Serment Olympique ainsi qu’instauré le Feu Olympique, dans la même période que les cinq Anneaux, a réalisé la Cloche Olympique sous forme d’illustration en 1936 et a composé l’Hymne Olympique19

 

Les objectifs moraux d’aujourd’hui

     En plus d’un siècle de Jeux Olympiques modernes, ce sont près de 400 membres et huit présidents qui ont défilé au sein de l’autorité suprême du Mouvement olympique, le Comité international olympique (CIO). Ce dernier réunit environ 32 fédérations sportives et dénombre plus de 196 comités nationaux olympiques. En ce sens, ces statistiques illustrent bien le but du Mouvement olympique, tel qu’indiqué dans la Charte olympique, qui est de « contribuer à bâtir un monde pacifique et meilleur en éduquant la jeunesse par le moyen du sport pratiqué sans discrimination d’aucune sorte et dans l’esprit olympique qui exige la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, la solidarité et le fair play ». En ce sens, le CIO, dans l’optique de conserver les idéologies coubertines, a signé des accords de coopération avec les agences spécialisées des Nations Unies dans le but de fusionner davantage le Mouvement olympique au bien-être de l’Humanité en plus de servir de façon adéquate la communauté internationale. En outre, le CIO s’est engagé à apporter son aide aux pays en conflit armé en suivant continuellement l’évolution socio-politique de ces pays20. D’ailleurs, dans cette perspective, la Fondation Internationale pour la Trêve Olympique (FITO) a été établie, en juillet 2000, dans le but de promouvoir la paix par le biais du sport et de l'idéal olympique. Par ailleurs, déjà en 1992, le CIO accordait la chance aux athlètes de l'ex-République fédérale de Yougoslavie de participer aux Jeux Olympiques de Barcelone. Aussi, en 2000, lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux de Sydney, les délégations sporives de la Corée du Sud ainsi que celle du Nord ont défilé ensemble dans le stade derrière le drapeau représentant la péninsule coréenne21. En fait, le CIO, de par ses actions dignes de mention, ne vise que l’accomplissement de ses objectifs, soient de « développer les liens qui unissent le sport et la culture sous toutes ses formes, favoriser les échanges culturels et promouvoir la diversité des cultures » ainsi que de « promouvoir l’éducation olympique et soutenir d’autres institutions qui défendent les valeurs de l’Olympisme »22.
           

     Alors, malgré toutes ces actions posées par le CIO, il est à se demander si ce dernier ainsi que le Mouvement olympique possède toute la force morale nécessaire pour tenir infiniment leurs objectifs. Cependant, il ne s’agit pas uniquement d’encourager cette imposante organisation dans ses démarches, mais également, et surtout, disposer le sport au service du dévelopement harmonieux de l’homme dans l’optique de poursuivre les convictions de Pierre de Coubertin, telle la formation de la personnalité et l’apprentissage de la vie en société. Voilà, la voie selon laquelle la planète doit se conformer et particulièrement poursuivre selon l’esprit olympique, même si certains athlètes d’aujourd’hui préfèrent adopter une trajectoire inverse ...
             

 

Sources


1. Comité international olympique. « Jeux de l’Antiquité ». La mythologie. [En ligne].  http://www.olympic.org/fr/games/ancient/gods_fr.asp (page consultée le 21 février 2008).

2. Comité international olympique. « Jeux de l’Antiquité ». L’histoire. [En ligne].  http://www.olympic.org/fr/games/ancient/history_fr.asp (page consultée le 21 février 2008).

3. G. LANGLOIS et Gilles VILLEMURE. Histoire de la civilisation occidentale. 4e Édition. Laval : Beauchemin, 2005. p. 38.

4. Comité international olympique. « Jeux de l’Antiquité ». L’histoire. [En ligne].  http://www.olympic.org/fr/games/ancient/history_fr.asp (page consultée le 21 février 2008).

5. G. LANGLOIS et Gilles VILLEMURE. Histoire de la civilisation occidentale. 4e Édition. Laval : Beauchemin, 2005. p. 39.

6. Comité international olympique. « Jeux de l’Antiquité ». L’histoire. [En ligne].  http://www.olympic.org/fr/games/ancient/history_fr.asp (page consultée le 21 février 2008).

7. G. LANGLOIS et Gilles VILLEMURE. Histoire de la civilisation occidentale. 4e Édition. Laval : Beauchemin, 2005. p. 39.

8. Comité international olympique. « Jeux de l’Antiquité ». [En ligne].  http://www.olympic.org/fr/games/ancient/index_fr.asp (page consultée le 21 février 2008).

9. J-F. Brisson. « Pierre de Coubertin ». Revue EPS. n° 257 (janvier-février 1996), p. 13.

10. M-T. eYQUEM. Pierre de Coubertin, l’épopée olympique. Paris : Calman-Lévy, 1966. p. 58.

11. J-J. Ably. « Coubertin : victoire à l'arraché ». Express. n° 1937 (26 août 1988), p. 60.

12. V. Dumas. « Athènes déclare sa flamme à l'olympisme ». Historia. n° 712 (avril 2006), p. 34.

13. M-T. eYQUEM. Pierre de Coubertin, l’épopée olympique. Paris : Calman-Lévy, 1966. p. 89-90.

14. J-F. Brisson. « Pierre de Coubertin ». Revue EPS. n° 257 (janvier-février 1996), p. 13.

15. V. Dumas. « Athènes déclare sa flamme à l'olympisme ». Historia. n° 712 (avril 2006), p. 35.

16. J-F. Brisson. « Pierre de Coubertin ». Revue EPS. n° 257 (janvier-février 1996), p. 14.

17. Le bleu, le jaune, le noir, le vert, le rouge et le blanc évidemment.

18. J-L. Chappelet. Le système olympique. Grenoble : Presses Universitaires de Grenoble, 1991. p. 106.

19. C. DIEM. L’idée Olympique, discours et essais. Stuttgart : Karl Hofmann, 1969. p. 74.

20. N. Paillou, J. Durry et Y.-P. Boulongne. «1894-1994 : cent ans d'olympisme moderne ». EPS. n° 248 (juillet-août 1994), p. 10.

21. Comité international olympique. « Le Mouvement olympique ». Tradition de la Trève olympique. [En ligne].  http://www.olympic.org/fr/organisation/missions/truce/index_fr.asp (page consultée le 21 février 2008).

22. Comité international olympique. « Le Mouvement olympique ». Promotion de la culture et de l’éducation. [En ligne].  http://www.olympic.org/fr/organisation/missions/culture/index_fr.asp (page consultée le 21 février 2008).