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SOCIOLOGIE

En 1959, les troupes de Fidel Castro s’emparent de La Havane avec à leurs têtes Ernesto Guevara et Camilo Cienfuegos. C’est depuis 1953 qu’on souhaitait ce renversement de régime et enfin en 1959, Batista prend la fuite après près de trente ans au pouvoir. Depuis, Fidel Castro a régné sur Cuba jusqu’à tout récemment quand il a décidé de céder le pouvoir à son frère Raul. (Encyclopédie Universalis, 2008) Depuis la révolution, bien des années se sont écoulées et Cuba a connu des difficultés notamment avec le démantèlement du bloc de l’Est et la politique étrangère des États-Unis à son égard. Aujourd’hui, on se rend compte que l’heure n’est plus à la révolution et qu’on vit sur ce que celle-ci a laissé derrière elle. (BARTHELEMY, 2001) À partir de là, on peut se questionner à savoir que reste-t-il de l’élan révolutionnaire chez les Cubains? Plusieurs spécialistes aideront à répondre à cette question dans ce qui suit.

bushD’abord, la révolution a établi des conditions qui ne sont pas restées les mêmes toutes ces années. Il est vrai que la population a souffert durant le régime notamment après l’effondrement de l’URSS alors que Cuba a dû revoir complètement sa stratégie économique. On a appelé cette période des années 90, les années noires. Ce qui s’est produit alors a été une inversion des valeurs de la révolution en plus d’un bouleversement social. En effet, on a vu apparaître la dualité monétaire et donc les écarts entre les riches et les pauvres, ce qui est le contraire des désirs de la révolution. La population qui a vécut durant la « période spéciale » a été très éprouvée par le régime. Beaucoup ont vécu dans l’incertitude alors que leurs emplois étaient menacés ou qu’ils les perdaient carrément. Les nombreuses politiques des États-Unis envers Cuba ont quant à elles tenter d’enfoncer le pays encore plus. En 2004, Georges W. Bush adoptait de nouvelles restrictions face à son voisin dans le but très clair d’éradiquer le régime de Fidel Castro. (HABEL, 2004) Cependant, Cuba est maintenant très indépendant des grandes puissances et adopte ses propres politiques dans sa ligne de pensée bien à lui. Il a des politiques très bonnes pour son peuple comme la gratuité des médicaments et des frais de santé. (MARTINEAU, 2005) Il a aussi investi beaucoup d’argent dans l’éducation et s’assure que son peuple mange chaque jour. (HABEL, 2004) 99,8% de sa population sait lire et écrire, ce qui est un chiffre absolument impressionnant pour un pays d’Amérique latine. (World Factbook, 2008)

Toujours en est-il qu’on peut dire qu’il y a une partie de la population qui est contre les valeurs du régime castriste. Un des plus grands symboles critiques du régime de Fidel est sa fille Mariela Castro qui lutte pour mettre fin aux préférences sexuelles du régime de son père et qui a même quitter Cuba pour aller vivre aux États-Unis. (Institut des Hautes études d’Amérique Latine, 2008) Beaucoup de Cubains souhaitent quitter le pays, mais ils n’ont pas ce droit. L’émigration en-dehors des frontières cubaines est majoritairement dirigée vers les États-Unis et représente un véritable problème pour ce dernier. En effet, comme il critique le régime castriste, il ne peut pas forcer les Cubains à retourner dans leur pays puisqu’il désapprouve ce qui s’y passe. (World Factbook, 2008) Dans un reportage, un homme explique qu’il aime Cuba, mais que même s’il travaille comme un forcené, il n’arrive pas à y vivre convenablement et il souhaite donc partir. Beaucoup pensent qu’il faut avoir des amis haut placés pour pouvoir bien vivre et cela les décourage, car selon eux, on n’accorde pas de valeurs aux autres Cubains. Certains Cubains souhaitent aussi la liberté de presse et la démocratie, mais ce sont deux choses qui ne sont pas tolérées par le régime. (MARTINEAU, 2005) La censure à Cuba a emmené beaucoup d’artistes à devenir plus indépendants et ce, encore plus avec la crise des années noires. On manquait de fonds pour publier alors on s’est tourné vers l’étranger. D’autres pays ont commencé à publier des documents cubains et les auteurs ont pu alors s’exprimer plus librement en ne se faisant pas dicter ce qu’ils devaient écrire par le régime. (BARTHELEMY, 2001) Aujourd’hui encore à Cuba, il est impossible d’exprimer son opinion sur des facettes du régime sous peine d’emprisonnement. Récemment, Amnestie Internationale a réussi à faire libérer quelques prisonniers et lutte encore pour d’autres. Du côté de la population contre le régime, on espère que les libérations amèneront un plus grand respect des droits de la personne en même temps. (Radio-Canada, 2008)

Pourtant, même s’il semble que la population a souffert dans ce régime et qu’une partie est contre le régime, il reste tout de même beaucoup de Cubains en faveur du régime. Il s’agit peut-être là de ce qui reste de l’élan révolutionnaire, mais on remarque qu’il n’est plus aussi fort qu’avant. Dans les écoles, on prépare les enfants dans l’esprit révolutionnaire de Castro. Des professeurs issus de l’Union des jeunes communistes enseignent à quelques 500 000 enfants et leur transmettent la pensée socialiste. (MONTEIRO, 2007) En 2000, Castro a aussi lancé la « Bataille des idées » pour préparer sa jeunesse. Il comprend des enseignements par vidéo et des professeurs presque privés qui cherchent à attirer l’attention des étudiants vers les éléments révolutionnaire. On les amène à remarquer les valeurs morales de la révolution et l’égalité sociale et la justice. (MARTINEAU, 2005) D’ailleurs, le régime a mis en place de bonnes institutions qui font sa force et gardent les Cubains attachés au régime. En plus, le régime castriste a donné aux Cubains un sentiment de grande fierté, car Cuba ne dépend pas de la super puissance qui lui est voisine soit les États-Unis. Bien sûr, ils ont été privés de libertés et ont vécu dans une aire de délation, mais les Cubains restent fiers. En plus, ils s’attirent de plus en plus la sympathie internationale pour leurs réalisations dans leur territoire et la poursuite de leurs convictions. Aussi, un sentiment de haine grandit parallèlement envers les États-Unis partout dans le monde au grand plaisir des Cubains. (BOURQUE, 2006) Fidel Castro affirme que plus de 70% des gens qui soutiennent la révolution n’étaient même pas nés lorsqu’elle s’est produite. Le samedi soir sur le Malecon, les Cubains se rencontrent pour parler de Fidel et manifester leur accord avec son régime. Certains affirment que si la révolution a survécu à la période spéciale, c’est qu’elle sera invincible dans l’avenir. Ces jeunes sont l’espoir de Castro et lui voue un amour presque inconditionnel. Ils souhaitent marcher sur les pas de leur dirigeant et garder Cuba comme il est. (MARTINEAU, 2005)

            Finalement, il est vrai qu’au tout début de la révolution, Fidel Castro avait le vent dans les voiles et le peuple derrière lui. Par contre, on se demandait déjà si cette révolution stagnerait comme beaucoup de révolutions d’Amérique Latine. Durant les années au pouvoir de Fidel Castro, bien des malheurs sont arrivés à Cuba et la population en a souffert. Des idées se sont forgées dans les esprits des Cubains à propos du régime castriste. Aujourd’hui, les dirigeants de la révolution se font vieux et ils doivent se concentrer sur une jeunesse qui pourrait possiblement continuer leur œuvre. On peut remarquer que la jeunesse cubaine, qui n’a connu que la révolution, est bien partagée sur la question. Certains jeunes aspirent à un pays démocratique un peu à l’image des États-Unis où beaucoup aimeraient immigrer. Il reste tout de même des communistes convaincus à Cuba qui se disent prêts à aller encore plus loin vers le communisme. (MARTINEAU, 2005) Ces jeunes cubains voient les avantages que la révolution souhaite faire progresser le régime. Il reste à voir de quel côté penchera la majorité de la population et ce que les Cubains feront pour aller vers leurs convictions.

 


Sites internet :
Radio-Canada. « Cuba, libérer les opinions ». (18 février 2008). [En ligne]. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2008/02/18/003-amnistie-cuba.shtml. (Page consultée le 28 avril 2008)

The World Factbook. « Cuba ». [En ligne]. https://www.cia.gov/library/publications/the-world-factbook/geos/cu.html. (Page consultée le 28 avril 2008)

Encyclopédies :
Encyclopédie Universalis. « Révolution cubaine ». http://www.universalis.fr/encyclopedie/Z010063/REVOLUTION_CUBAINE.htm. (Page consultée le 28 avril 2008)

Articles de périodique :
BARTHELEMY, Françoise. « Cuba entre lassitude et fierté », Monde diplomatique, numéro 570, septembre 2001, p.18-19

BOURQUE, Jean-Louis. « Nouveaux regards sur Cuba et la révolution castriste ». L’Action Nationale. Novembre 2006, http://www.action-nationale.qc.ca/index.php?option=com_content&task=view&id=311&Itemid=99999999. (Page consultée le 28 avril 2008)

HABEL, Janette. « Cuba entre pressions externes et blocages internes ». Monde diplomatique, numéro 603, juin 2004, p.20-21

Mémoire de maîtrise :
M. SAURIAU, Julien. « Cuba, côté femme », Institut d’Études Politiques de Toulouse,  Mémoire de maîtrise, 2004, 143 pages http://www.sciencespo-toulouse.fr/IMG/pdf/souriau.pdf. (Page consultée le 28 avril 2008)

Reportages :
MONTEIRO, Melissa (réal.), « Les enfants de Fidel », ARTE Reportage, 06 janvier 2007, 22minutes.http://stream.arte-tv.com/ramgen/permanent/c1/reportage/20070120_. (Page consultée le 28 avril 2008)

Émissions de télévision et de radio :
MARTINEAU, Daniel. La jeunesse cubaine. Montréal : Société Radio-Canada, 28 octobre 2005. (Dimanche magazine / Sans frontières). [En ligne]. http://www.radio-canada.ca/actualite/v2/dimancheMag/cuba/#. 12 min. 38 sec. (Page consultée le 28 avril 2008)

Colloque :
Institut des Hautes Études d’Amérique Latine. « Cuba aujourd’hui. Les paradoxes d’un demi-siècle de révolution. » Appel à la communication- 20-30 octobre 2008 [Texte d’appel pour la tenue d’un colloque sur Cuba, en format PDF], http://www.iheal.univ-paris3.fr/IMG/pdf/Appel_a_communication_CUBA_AUJOURD_HUI1.pdf. (Page consultée le 28 avril 2008)