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cuba
statistique
 

DISCIPLINE POLITIQUE

Alors que le peuple cubain voit l’espoir d’une qualité de vie appréciable naître en 1959, alors qucastroe Fidel Castro renverse le régime de Fulgencio Batista, plusieurs interrogations se posent concernant les améliorations apportées au système politique cubain. En effet, le tout par l’adoption d’un système modelé sur celui de l’URSS. D’une part, dans la problématique qui est posée, la discipline politique se concentre sur les modifications politiques et les nombreuses réformes ayant été apportées au système cubain depuis la Révolution, et pose aussi d’autre part un regard sur la position actuelle de la politique cubaine. Alors que depuis la révolution cubaine,  Cuba se définit comme un pays socialiste et qui prône l’égalité des classes sociales, peut-on considérer les modifications apportées au système politique, notamment l’adoption d’un modèle politique basé sur l’URSS et  la mise en place de nombreuses réformes, comme étant des éléments favorables à l’amélioration de la qualité de vie du peuple cubain ? De plus, peut-on réellement affirmer que les intentions de Fidel Castro et son entourage son légitime concernant le peuple cubain, et finalement, la qualité de vie de ce dernier est-elle plus avantagée qu’elle ne l’était avant révolution ?

La mise en place du système politique cubain

En 1959, alors que le gouvernement proaméricain de Fulgencio Baptista tombe1, et que le monde entier suit et subit constamment les conséquence de la Guerre froide, Fidel Castro, instigateur de la Révolution cubaine, décide d’adopter une ligne de conduite allant dans le même ordre d’idée que l’URSS. En fait, Castro choisit le camp soviétique et entame rapidement des relations diplomatiques avec l’État fédéral soviétique, qui de son côté soutient fortement le nouvel État castriste. C’est alors que le processus de mise en place d’un État socialiste est entamé, à la grande joie du peuple cubain2.

Le système politique cubain

Alors que certains affirment que le système politique cubain ne possède pas une réelle démocratie, le gouvernement cubain s’empresse de confirmer la présence de démocratie à Cuba. Le système politique cubain est unique au monde et pose de grands problèmes d’études pour les gens venus de l’étranger. En effet, c’est la Constitution cubaine de 1976 définie clairement l’organisation politique du pays3.

D’une part, il est important de spécifier que Cuba, en vigueur et selon la constitution, est divisé en 14 provinces, totalisant chacune 169 communes, et un territoire nommé « Île de la Jeunesse ».  De ce point, chaque commune est divisée en circonscriptions électorales, dans un nombre variant de 30 à 200 par rapport à la taille et au poids démographique de cette dernière. Chaque candidat est désigné par le biais du peuple ou par la commission de Candidatures. Chacun de ces candidats, doit être  soumit à un vote populaire, direct, secret et à majorité absolue de 50 %, dans le but de devenir un délégué4. De ce point, les représentants, ou délégués du peuple, prenant part à l’Assemblé du peuple, sont choisie par l’instance municipale pour siéger à l’Assemblé Municipale. Chaque circonscription se voit choisir jusqu’à deux délégués pour représenter le second pallier,  l’instance municipale. C’est dans le même ordre d’idée que les délégués municipaux sont choisit pour représenter l’instance provinciale. Bref, les délégués de la base, soit l’Assemblé du peuple, peuvent atteindre les stades municipaux et provinciaux. La dernière instance en place à Cuba, l’Assemblé Nationale ou le Parlement, est l’organe suprême de l’organisation politique cubaine. En effet, ses responsabilités assument les fonctions législatives, exécutives et judiciaires de l’État et elle ne peut être dissoute par le Gouvernement. L’Assemblée Nationale est élue par vote direct du peuple cubain. Les députés élus lors de ce vote se consultent et nomment le Conseil de l’État parmi les membres de l’Assemblée ainsi que le Président de la République.  De plus, le Parlement cubain choisit le Conseil des Ministres ainsi que le Tribunal Suprême judiciaire. Or, voila pourquoi le gouvernement cubain confirme la présence de démocratie sur l’île. En effet, le chemin que doit parcourir le député pour aspirer au poste de Président a tout d’une démocratie puisqu’il doit être à la base élu, et non nommé directement. Bien entendu, ce règlement ne semble pas être réellement observé, puisque depuis la mise en place du système, seul Fidel Castro a occupé ces fonctions, ainsi que son frère tout récemment.
           
Il est important de spécifier que pour la majorité des instances, le mode de scrutin utilisé est le suffrage uninominal majoritaire à deux tours, ce qui signifie que parmi un nombre de candidats, ceux n’ayant pas eux au moins 50 % d’appui au premier tour se verront passer au deuxième tours et que par la suite, ceux ayant reçu le plus de voies se verront élus. Les députés sont élus pour une durée de 5 ans.  De nos jours, il existe un total de 15000 délégués de circonscription, 1200 délégués provinciaux et 614 députés5.

Le Parti communiste cubain (PCC)

Refondé en 1965, le Parti communiste cubain tel qu’il est connu de nos jours est actuellement maître et unique en terme de politique sur l’île de Cuba.  Le PPC a fortement orienté sa politique au cours des années vers un socialisme d’État, dans les mêmes traits que le communisme, et cela avec un régime fortement étatique, unique et limitant fortement la liberté de presse. Le bureau politique et le secrétariat du Parti en sont les deux principaux organes Fidel Castro est le secrétaire général du Parti, depuis sa réforme en 1965 et son frère Raul en est le second secrétaire. Depuis le 24 février 20086, Raul Castro occupe les fonctions de Président de l’État cubain, après que son frère Fidel Castro lui ait cédé les reines7 après un règne de plus de 40 ans8. Le Parti communiste cubain est le seul légal et en vigueur sur l’État cubain. De nos jours, le PPC compte environ 780 000 membres et possède un organe jeunesse.

Le marxisme d'État cubain et le peuple

Nous pouvons reconnaître à Cuba toutes les propriétés d’un régime communiste, et dans cet ordre d’idée, la mise en application des idées élaborées par Karl Marx, d’où l’appellation marxiste. En effet, basé sur la lutte de classe et l’abolition du capitalisme, le marxiste avait fortement influencé la mise en place de l’État soviétique, dont ce dernier est le principal modèle de Cuba. C’est pourquoi nous pouvons dire que Cuba se base fortement sur la théorie de Marx, bien que dans une perspective beaucoup plus socialiste et prône certains idéaux tel l’expropriation de la propriété foncière et affectation de la rente foncière aux dépenses de l’État, la mise en place d’un impôt fortement progressif, l’abolition du droit d’héritage, la centralisation du crédit et des moyens de transport par l’État, la mise en place de nombreuses usines nationales,  le travail obligatoire pour tous ainsi que l’éducation gratuite.

Par rapport à la mise en place de ce nouvel organe politique, et par les conséquences que cela entraîne sur les différents aspects du pays, il y a plusieurs constats à faire. En effet, avant la révolution cubaine, le régime de Fulgencio Baptista,  fortement proaméricain et corrompu,  ne proposait pas réellement de qualité de vie aux citoyens. La situation économique et sociale s’étant fortement détériorée durant son règne, la pauvreté, le jeu et la prostitution contrôlée par des gangs américains ne cesse d’augmenter. De plus, notons la forte corruption au sein du régime même de Baptista. Dans cette ordre d’idée, alors que nous constatons de nos jours l’impact de la mise en place des différents organes et de l’application de différentes réformes, nous pouvons dire que globalement, malgré le dur labeur, la situation du peuple cubain s’est fortement amélioré, et cela même en dépit de l’embargo économique9 américain faisant rage sur Cuba depuis 196210, de la chute de l’URSS et de la dislocation du COMECON.

Bien entendu, cherchant à savoir ici si la révolution cubaine se définie comme étant une réussite, nous pouvons dire que depuis le retrait de toute aide économique soviétique de l’île en 1991, plusieurs initiatives ont fortement aidé à redresser le pays. En effet, outre la légalisation du dollar américain en 1993, notons la forte augmentation du tourisme, qui occupe maintenant une part importante du PIB. De plus,  l’ouverture à quelques investissements privés étrangers, dont le Canada, ainsi que plusieurs rapprochements marqués avec d’autres pays ont fortement aidé à normaliser quelque peu les relations diplomatiques et économiques de Cuba vers le bon chemin.  C’est donc dans cet ordre d’idée qu’en 1998, la visite du Pape Jean-Paul II brise en quelque sorte l’isolement de Cuba et qu’en 2004, la légalisation du dollar est abolie, preuve du retour vers le bon chemin.

Constat positif?

Cuba se retrouve de nos jours, avec un très faible taux de chômage, et cela malgré les effets catastrophiques qu’ont eut la chute de l’URSS sur le PIB cubain et la qualité de vie des citoyens. À cela, ajoutons que  le taux d’alphabétisation de 97% est énorme, d’ampleur aussi grande que les pays occidentaux,  et que Cuba possède un système de santé d’une efficacité plus grande que la majorité des pays11. De plus, si nous considérons l’intervalle de temps entre la célèbre révolution et ce jour, nous pouvons constater que le nombres d’années ayant été difficiles ne sont qu’une parcelle parmi plus de 45 ans et que le bilan positif que nous pouvons tirer en ce jour aurait pu être bel et bien différent si ce n’aurait été ce célèbre 1er janvier 1959. Avec Raul comme dirigeant, Cuba semble bel et bien en place pour poursuivre sur son guide de conduite ayant déjà prouvé sa valeur dans le passé12.
           
           

           


1 La révolution cubaine. Encyclopédie Universalis. [En Ligne] http://www.universalis-edu.com/article2.php?napp=&nref=E952341#05000000 (Page consultée le 10 mars 2008)

2 LE GENDRE, Bertrand. Le castrisme, une passion française. Monde. Sélection hebdomadaire, No 3095, 1er mars 2008, page 2

3 CASTRO, Fidel. Bilan de la révolution cubaine : rapport central au 1er congrès du Parti Communiste cubain. Paris : Maspero, 1976. 340 pages.

4Politique de Cuba .Wikipedia. [En Ligne] http://fr.wikipedia.org/wiki/ Politique_de_Cuba (Page consultée le 22 février 2008)
 

5 FAUCHER, Philippe. Le « Mussolini tropical ».  CERIUM. [En Ligne] http://www.cerium.ca/Le-Mussolini-tropical (Page consultée le 10 mars 2008) Daté du 15 février 2008.

6 REYNALDO, Andres. Place au pragmatisme conservateur. Courrier international. [En Ligne] http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=83031 (Page consultée le 4 mars 2008)

7 HUDDLESTON, Vicki. What does Fidel Castro’s retirement mean for Cuba. Brookings Institution. [En Ligne] http://www.brookings.edu/opinions/2008/0220_cuba_huddleston.aspx (Page consultée le 8 mars 2008) Daté du 13 décembre 2007

8 CAROIT, Jean-Michel. Fidel Castro fête avec simplicité les quarante ans de son arrivée au pouvoir ; Un discours d'une brièveté inhabituelle.  Monde. Sélection hebdomadaire, No 2618, 9 janv. 1999, page 4.

9 Embargo des Etats-Unis contre Cuba. Wikipedia. [En Ligne] http://fr.wikipedia.org/wiki/Embargo_des_%C3%89tats-Unis_contre_Cuba (Page consultée le 10 mars 2008)

10 SEMIDEI, Manuela. Kennedy et la révolution cubaine : un apprentissage? Paris : Julliard, 1972. 284 pages.

11 LECLERC, Jacques. Cuba. Université Laval [En Ligne] http://www.tlfq.ulaval.ca/AXL/amsudant/cuba.htm. (Page consultée le 15 avril 2008

12 CAROIT, Jean-Michel. Fidel Castro fête avec simplicité les quarante ans de son arrivée au pouvoir ; Un discours d'une brièveté inhabituelle.  Monde. Sélection hebdomadaire, No 2618, 9 janv. 1999, page 4.