Regard sur le travail du sexe
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INTRODUCTION

La consommation rapide semble être le mot d’ordre en ce début de millénaire. La restauration rapide, l’Internet, la mode qui change chaque saison, la facilité d’accès au crédit, les canaux spécialisés dans la vente de divers produits (shopping TV) et maintenant il est possible d’avoir des relations sexuelles aussi sous forme de consommation rapide. C’est en fait ce qu’est la prostitution, une façon très rapide d’assouvir ses désirs sexuels. La prostitution se définit comme étant la vente d’un ou de plusieurs services sexuels contre une monnaie d’échange qui peut être remis en argent, en drogue ou alcool, en vêtements ou tout autre chose convenue préalablement entre la prostituée et son client. Il sera donc intéressant de lever le voile sur ce phénomène qui existe depuis très longtemps, mais qui prend de plus en plus d’ampleur et démystifier ce monde rempli de stéréotypes et de préjugés. En portant un regard sociologique et psychologique, nous serons en mesure d’analyser le phénomène de la prostitution sous différents aspects tels que, la provenance, les raisons, les types de prostitution ainsi que les conséquences. Nous aborderons également les retombées économiques du phénomène, les mesures prises par les organismes ainsi que celles prises les gouvernements.

 

La provenance du phénomène

La prostitution est parmi nous depuis des millénaires. Il peut donc sembler un peu naïf de prétendre déterminer la provenance du phénomène. Par contre, il existe de nombreux écrits et artefacts archéologiques illustrant son existence jusqu’aux sociétés mésopotamiennes. Les premiers écrits occidentaux sur la prostitution proviennent des Grecs. Solon, inventeur de la démocratie, écrit la première réglementation visant à l’établissement de maisons closes à Athènes. Ses maisons closes sont dirigées par des fonctionnaires d’État, nommés pornotropos, qui encaissaient les profits des maisons closes afin de renflouer les caisses du trésor public. On relate même des prostituées de classes supérieures, les hétaires, qui étaient des femmes d’instructions supérieures qui enjolivaient les dîners officiels et les réceptions.1

Les Romains vont tolérer les maisons closes appelées lupanar. N’importe quel citoyen pouvait devenir proxénète comme suite à l’obtention d’une licence. La prostitution s’étendit énormément dans le territoire romain au profit des proxénètes.2 La plupart des prostituées grecques et romaines étaient des esclaves recueillies dans cette seule intention.3 En 531, l’empereur Justinien ordonne la fermeture des maisons closes dans tout l’empire romain et oppresse les proxénètes.4

L’influence du Christianisme aura de grandes répercussions sur la prostitution comme suite à la chute de l’empire romain. La prostitution est interdite et illégale, car les dogmes de l’Église la voient comme pécheresse. En réalité, une prostitution de misère voit quand même le jour dans la majorité des villes du Moyen Age. Charlemagne l’interdira par le premier texte juridique en ce sens et la condamnera par le fouet en public pour les prostituées. Malgré les interdictions, la prostitution subsistera illégalement due à la pauvreté des peuples et le profit qu’elle pouvait générer facilement. Comme suite à de nombreux échecs afin d’enrayer celle-ci, Saint-Louis, en 1254, autorisa la réouverture des maisons closes.5

Cependant, vers la fin du XVe siècle, la morale religieuse s’insurge contre les maisons closes. En 1560, un arrêt des États d’Orléans ferma les maisons closes en France et tenta d’expulser les personnes atteintes de maladies vénériennes en dehors du pays. Louis XIV fut également très sévère envers ceux qui fréquentaient les prostituées, ses soldats pris en flagrant délit passaient par le conseil de guerre et tous ceux qui protégeaient, encourageaient et profitaient de la prostitution étaient passibles de se faire coupés les oreilles et le nez. Les tenanciers de bordels devaient aussi verser une amende de 500 livres. Les mesures et la répression ne sauront venir à bout de la prostitution qui pendant la Révolution tente d’imposer une réglementation codifiée qui échouera malgré les efforts soutenus des tenanciers (e) s de maisons closes.6

Au XIXe siècle, à défaut de l’autoriser, la plupart des pays toléreront la prostitution. Une nouvelle classe de prostituées verra le jour, les courtisanes. Ces dames ne font pas la rue et ne fréquente aucune maison close. Instruites, élégantes et indépendantes, ces femmes connaissent des débuts modestes comme prostituées pour ensuite se trouver un client bien nanti qui les installeront dans des appartements luxueux et les combleront de présents des plus extravagants. Ces femmes seront extrêmement populaires de la révolution à la Première Guerre mondiale. La Première Guerre mondiale détruisit le marché des courtisanes, les clients n’ayant plus les mêmes richesses d’autrefois, se détourna des courtisanes pour fréquenter des maisons de bonne tenue. En 1946, une loi ordonna une fois de plus la fermeture de ces maisons de bonne tenue.7 De nos jours, les maisons closes existent dans la majorité des pays et des milliers de femmes y sont employées quotidiennement. Avec le commerce international, les prostituées peuvent ou sont forcées d’aller travailler à l’étranger, ce trafic est surnommé la traite des blanches, ce qui rappelle la traite des esclaves noirs d’autrefois.8

 

Les raisons

Depuis un grand nombre d’années, plusieurs préjugés sur les personnes prostituées se forment. En psychologie, un préjugé est considéré comme étant un « jugement positif ou négatif formuler par anticipation sans examen préalable à propos d'une personne ou d'une chose qui de ce fait comprend des biais et des attentes spécifiques ».9 Ce qui permet de dire que vu l’ignorance qu’ont les gens sur le sujet, plusieurs anticipent que ces femmes et ces hommes qui se prostituent le font par plaisir et parce que c’est une manière facile de gagner de l’argent.10 Il est donc important de spécifier les raisons qui poussent certaines femmes à vendre leur corps puisque ces raisons vont bien au-delà du fait que ces personnes n’ont pas d’argent.

Il est vrai que la prostitution peut être une certaine solution aux problèmes économiques de ces femmes puisque beaucoup d’entre elles sont des travailleuses sous-payées, des chômeuses sous-scolarisées donc sans expérience ou des mères monoparentales qui doivent subvenir aux besoins de leur famille.11 D’un point de vu sociologique, on constate que les prostituées font partie d’une classe sociale distincte. Une classe sociale est « une hiérarchie sociale de fait fondée sur l’activité économique (place occupée dans la production, part de richesse revenant à un groupe) et se traduisant par des différences dans les niveaux de vie, les comportements culturels. »12 Cette définition permet de dire que les différences dans les niveaux de vie peuvent nuire à beaucoup de personnes, dont les prostituées. Étant donné le peu d’argent qu’elles gagnent, ces dernières ont recours à la prostitution.

Par contre, il est faux que ces personnes se prostituent parce qu’elles aiment ça. La plupart de ces prostituées ont un passé troublant. C’est-à-dire que beaucoup d’entre elles ont été victimes de violence familiale, d’abus sexuels, d’abandon, d’injustice. La prostitution peut donc devenir pour ces personnes, un moyen d’exprimer leurs frustrations, mais aussi un moyen de vengeance.13 D’un point de vu psychologique, il est possible de faire un lien entre le concept de l’attachement et l’orientation de plusieurs personnes vers la prostitution. L’attachement est un « lien affectif puissant qui unit une personne à une autre, dans le quel la présence du partenaire produit un sentiment de sécurité chez l’individu. »14 Les prostituées qui ont subi certaines souffrances psychologiques et même physiques souffrent d’un manque d’attachement. Elles recherchent dans la prostitution de l’amour et une certaine reconnaissance ainsi, la prostitution leur permet de répondre à un sentiment d’insécurité et de se sentir valorisées par l’intermédiaire de l’argent. Le fait que les clients veulent payer pour leur corps leur donne l’impression d’être désirées. Étant donné leurs sentiments de dévalorisation, elles sont capables de tout donc de détruire leur identité et de transformer leur corps en outil de travail. Comme suite à ces souffrances, il arrive fréquemment que ces personnes quittent leur maison très jeune afin de ne plus subir les mauvais traitements qui leur sont infligés. C’est la plupart du temps à ce moment que la drogue entre en cause. Une fois qu’elles deviennent accrochées à celle-ci, elles doivent recourir à la prostitution pour se la procurer.15

L’immigration joue un très grand rôle dans la prostitution. Il s’agit ici de trafic sexuel. Celui-ci « désigne le recrutement, le transport, à l’intérieur et à l’extérieur d’un pays, le transfert, l’hébergement ou l’accueil de personnes dans le but de les obliger à exercer des activités dans l’industrie du sexe ou à se prostituer. »16 Les victimes du trafic sexuel sont la plupart du temps des personnes qui désirent immigrer dans un autre pays où les conditions sont meilleures que dans leur pays d’origine ou parce qu’elles se font offrir des emplois bien rémunérés dans des pays plus riches comme le Canada. Cependant, ces personnes qui immigrent, la plupart du temps de l’Europe de l’Est, n’ont pas la moindre idée de ce qui les attend. Celles-ci sont trompées par de fausses promesses d’emploi. C’est en arrivant à destination qu’elles perdent automatiquement leur identité puisque les trafiquants confisquent leur passeport ainsi que tous leurs papiers afin d’avoir un meilleur contrôle sur celles-ci. Elles se font donc exploiter par ces trafiquants qui profitent de leur vulnérabilité. Les personnes qui espèrent trouver des conditions de vie meilleures au Canada doivent payer pour se faire une nouvelle vie. Elles se retrouvent donc contraintes de se prostituer pour rembourser leurs dettes à des trafiquants.

Il est donc possible de dire que ces personnes n’ont pas choisi de se prostituer étant donné qu’elles ont été prises au piège. Les façons qu’utilisent les trafiquants pour arriver à exploiter les victimes sont la menace, l’enlèvement, la fraude, la tromperie, l’abus d’autorité, l’offre ou l’acceptation de paiements, ou la force. Selon une étude faite par les Nations unies en 2003, plus de 700 000 femmes et enfants sont victimes de trafic sexuel partout dans le monde.17


Types de prostitution

La prostitution n’est pas seulement une question d’attendre un client sur le coin d’une rue passante. Cela va beaucoup plus loin. En effet, à Montréal, la prostitution englobe celle de la rue, les danses nues, les escortes et les salons de massage. De plus, ailleurs sur le globe, il y a le tourisme sexuel qui prend de plus en plus d’ampleur.

La prostitution de rue est pratiquée autant pas des femmes que par des hommes, mais le plus souvent par des femmes.18 Elles proviennent généralement des classes inférieures de la société et le nombre d’entre elles qui ont eu droit à une éducation adéquate et celles qui proviennent de la classe moyenne est plutôt insignifiant.19 La très grande majorité d’entre elles n’a jamais eu de travail sérieux sinon celui de vendeuse, serveuse ou caissière.20 Un très grand nombre des prostituées ont subi dès l’enfance des abus sexuels répétitifs et souvent par des membres de la famille.21

Les prostituées n’ont pas le droit d’aborder les clients potentiels de manière physique ou verbale en raison des lois qui interdit le racolage. Le port de vêtement qui doit être assez révélateur et subjectif est très important si les prostituées veulent avoir des clients. L’attente se fait généralement dans un secteur propice à la rencontre rapide et souvent à la même section d’une rue passante22. D’abord, le client, qui est toujours ou presque en voiture, choisit celle avec qui il veut avoir des rapports sexuels. Par la suite, le client et la prostituée s’entendent sur ce que le client veut et le prix qu’elle veut obtenir pour ces faveurs. La plupart du temps, le client mentionne ce qu’il veut débourser et la prostituée lui dit ce qu’elle fait pour ce prix là. La prostituée se fait toujours payer avant de commencer pour ainsi éviter la malhonnêteté de certains clients ou les malentendus23.

Le prix payé par les clients diffère beaucoup. Cela dépend surtout de l’acte demandé et du temps que cela prendra. Mais il y a d’autres facteurs tels que le moment de l’année, l’affluence de clients et les besoins économiques de la prostituée24. La ville et le quartier où ils se trouvent entrent aussi en ligne de compte pour fixer le prix. Ainsi, plus ils se trouvent dans un cartier chic plus les clients devront payer cher25. Cependant, les prix restent généralement plus bas que celui des danseuses et des escortes26. Les prix peuvent aussi varier selon l’endroit où ils vont passer à l’acte. Les demandes les plus courantes sont la fellation et les relations complètes.

En ce qui concerne les danseuses nues, deux choix de pratique s’offrent à elles. D’abord, il y a le spectacle individuel, sur la scène. La danseuse doit premièrement se dévêtir partiellement de manière sensuelle et lente. La deuxième partie de ce spectacle s’effectue comme une danse plus érotique en se déshabillant presque complètement et en gesticulant de manière subjective.

Ensuite, un client peut choisir une danseuse pour qu’elle vienne danser à sa table ou dans un isoloir dans lequel il peut demander des faveurs sexuelles. Il arrive aussi que les danseuses suivent un client pour la nuit, mais le tarif est alors beaucoup plus élevé. Le prix peut être demandé par la danseuse en fonction de sa popularité au bar où elle travaille. Certaines danseuses sont plus indépendantes et attendent que le client vienne l’aborder avant de tenter quoi que ce soit.
Malheureusement, ces danseuses ne reçoivent généralement pas de salaire par l’employeur, elles doivent donc se fier uniquement au pourboire qu’elles feront au cours de la soirée d’où les petits extra qu’elles font de temps à autre c’est-à-dire suivre le client pour la nuit27.

Les escortes travaillent généralement pour une agence et doivent annoncer leur produit, c’est-à-dire leur corps et les services sexuels qu’elles sont prêtent à offrir. Une fois le client mis en contact avec l’escorte, par l’entremise de l’agence, un rendez-vous est fixé dans un lieu à la discrétion du client.

Ce sont les escortes qui demandent les prix les plus chers, car elles sont considérées comme la haute gamme de la prostitution28. Elles peuvent facilement gagner près de 200 dollars par soirs29. Malheureusement, l’agence garde une grande partie de l’argent que les escortes gagnent.30

On voit de plus en plus de maisons de prostitution se transformer en salon de massage. Ces commerces sont illégaux, mais il n’y en existe pas autant que les bars de danseuses nues. Le temps et les faveurs demandées font varier le prix du massage. Les prostituées sont nues lorsqu'elles font les massages. Elles peuvent offrir des services sexuels comme la fellation ou le coït. Les masseuses ne comptent que sur les pourboires des clients étant donné qu’elles n’ont pas de salaire. Elles n’ont aucun avantage social ni cotisation au régime de santé ou à l’assurance-chômage.

C’est femmes « masseuses » doivent être relativement jeunes puisque c’est ce que les clients préfèrent. Lorsque ces femmes vieillissent, elles n’ont d’autre choix que de se recycler dans autre chose et souvent, ce sera dans la prostitution de rue.31

Le tourisme sexuel « renvoi à une déviance d’un touriste au cours duquel est réalisée une relation sexuelle commerciale »32. Ce commerce représente environ quelques dizaines de millions de dollars. On compte près de 5,4 millions de touristes sexuels par an juste en Thaïlande. Il existe des agences sur internet tels que Best Sexe Tours qui vendent des voyages tout incluent comprenant les vols internationaux, des réceptions privées, hébergement massage et la présence d’une fille de leur choix33.

Les touristes sont généralement en quête de sensation forte et c’est la raison pour laquelle ils choisissent le tourisme sexuel. Ces touristes ont un profil sociopolitique qui ressemble aux idéologies suprématismes. Ils croient qu’en tant qu’homme blanc ils sont brimés dans leurs pays et que les autorités contraignent leur sexualité. Certains touristes vont même jusqu’à déménager dans ses destinations vues comme des paradis sexuels tellement ils apprécient l’expérience. Il a y deux sortes de touristes : les occasionnels qui ne voyagent pas expressément pour cela, mais qui peuvent de temps à autre avoir des relations sexuelles avec des « travailleuses du sexe » puis, il y a les assidus qui ne voyagent que dans ce but étant donné que la prostitution est interdite dans leurs pays. Ces derniers sont le plus souvent des hommes de races blanches34.

Le tourisme sexuel se passe dans les endroits à forte concentration touristique. Il y a souvent de la publicité détournée avec des annonces représentant des femmes sensuelles, passives et soumises ou de façon plus directe. C’est le cas dans « les destinations les plus sexuelles »35. Cela se passe aussi dans les salons de massage, les discothèques ou les clubs de strip-tease.

À cause du développement rapide du tourisme dans les pays plus pauvres, le tourisme sexuel à tendance à augmenter en même temps sous plusieurs formes. La prostitution permet à ces personnes d’avoir « accès facilement à des ressources matérielles en échange de faveurs sexuelles ».

Une grande partie des prostituées ont des souteneurs, plus communément appelés « pimps ». Ces souteneurs jouent plusieurs rôles auprès de leurs recrues soit l’amant, le patron et le propriétaire.36 Ils ramassent les profits des prostituées qui sont sous sa tutelle. En fait, les souteneurs vivent entièrement ou presque des gains de leurs prostituées. Généralement, les prostituées sont d’avis qu’ils sont bien utiles pour elles. Ils sont là pour les protéger, car il arrive parfois que les prostituées se battent entre elles pour des questions de territoires. Avec les souteneurs, elles peuvent éviter ce genre de chose37.

Certains souteneurs maltraitent leurs prostituées en exigeant d’elles qu’elles fassent de très longues heures en plus de leur prendre tout l’argent qu’elles rapportent. Il arrive aussi, mais plus rarement, que certains souteneurs refusent de laisser partir leurs recrues et exigent qu’elles se prostituent pour eux parfois bien longtemps38.

La violence est quelque chose de très présent dans le monde de la prostitution. Les prostituées peuvent se faire voler leur argent, violer, battre et peuvent avoir à faire avec les fournisseurs de drogues ou certains clients. Les escortes et les danseuses sont plus protégées, mais une fois seules, elles ne savent jamais ce qu’il peut arriver.

 

Aspect économique

Premièrement, ce qu’il faut savoir, c’est que les crimes organisés et désorganisés ne sont pas les seuls à bénéficier des retombées de l’industrie de la prostitution. L’état aussi en profite et plus amplement qu’on pourrait le croire.

Pour commencer, à petite échelle, le prix d’une seule relation sexuelle complète peut varier considérablement dépendamment de la prostituée39, c'est-à-dire de son âge, de sa beauté et de son expérience40. Les prix que l’on paye habituellement varient entre 150 et 200 euros. Cependant, d’autres formules sont aussi possibles. Si nous prenons par exemple la ville de Sandanski, en Bulgarie, on peut se procurer les services d’une prostituée pour une période d’une semaine ou un mois41. Pour un mois, on peut conclure une entente à 750 euros. De ce montant, 20 euros vont à la prostituée pour ses besoins personnels. Voilà ce que rapporte la prostitution à un entremetteur de rue qui tient ce commerce à l’année : 9000 euros, c’est-à-dire 14 111 $ canadiens en date d’aujourd’hui. C’est 3 311 $ de plus que le seuil de pauvreté d’une personne seule. Cela dit, c’est ce que se fait le « petit » entremetteur. Lors d’une coordination des transactions et de périodes fructueuses au bon endroit, les profits peuvent dépasser les centaines de milliers de dollars par années.

Pour faire suite aux bonnes occasions, le meilleur exemple le plus récent est celui de la coupe du monde qui a eu lieu à Berlin lors de l’été 2006. En prévision de cette coupe du monde, puisque la prostitution en Allemagne est légale, un « méga bordel » a été construit en vue de l’occasion. En date du 10 mai 2006, les coûts de 6 millions de dollars était largement amorti et le mondial de soccer n’avait lieu qu’au mois de juin. Il est donc important de mentionner que les revenus nets pour près de 3 ans d’ouverture sont supérieurs à 5 millions, et ce, avec une clientèle moyennement régulière42. Pour ce qui est des modalités : le billet d’entrée dans un « méga bordel » est de 70 euros et c’est sans compter les profits faits sur le dos des services spéciaux des filles de joie.

Pour ce qui est de l’argent fait par les prostituées de France, un forfait comprenant massage, caresse et fellation coûtent 180 euros43. Comme autre exemple de services en relation avec leur prix, il y a la fellation et plusieurs positions pour 200 euros de l’heure, 50 euros de plus si elle se déplace et 1000 euros la nuit44. Cependant, il est important de savoir que cette somme va quasi entièrement au proxénète ou à la personne « en charge » de la prostituée.

Pour ce qui est de l’acteur qui en tire profit le plus silencieusement et de façon totalement légale, nous retrouvons l’État. Si on imagine rapidement la journée d’un client lors de la coupe du monde de football de l’été 2006, on peut rapidement voir où l’état se fait de l’argent. Premièrement, dans un pays où la prostitution est légale, le gouvernement prélève donc des impôts. Imaginez un prélèvement de 35 % sur les revenus nets d’un bordel qui génère 1,6 million euros par années. Deuxièmement, lorsque ce client passe du temps avec une prostituée, souvent il vaque à des occupations diverses comme manger au restaurant, boire, fumer et jouer a des jeux de hasard. Il va sans dire que le commerce de la prostitution est étroitement lié à celui de la consommation d’alcool et de cigarette qui sont deux autres commerces très lucratifs de l’état. Pour prendre connaissance des sommes astronomiques que génère l’industrie de la prostitution à l’état, prenons l’exemple allemand de 2005. Chaque jour, 800 000 clients ont recourt à des services de prostituées, toutes pratiques confondues. Cette consommation totalise 1,9 milliard45. Et c’est sans compter les profits dérivés comme les industries connexes. Et comme si ce n’était pas assez, dans les pays comme la Bulgarie, l’industrie hôtelière est dans le coup. Lorsqu’il s’agit de combler les clients, ils sont prêts à tout et tous offrent donc des services de prostitution aux clients. Certains hôtels tiennent même des bordels illégaux à même leur bâtiment afin de rentabiliser les pratiques au maximum46.

Bref, l’industrie de la prostitution est un domaine très lucratif qui génère des milliers de dollars à qui veut bien jouer le jeu. Que ce soit légal, illégal, encadré, ou désorganisée, tous y trouvent quelques dollars à faire. Cependant, les acteurs principaux sont absents de l’équation, trop souvent prises comme des esclaves à qui personne ne doit rien. Cela est peut-être la preuve qu’une fois encadrés et légalisés, les profits vont donc à l’état plus qu’au crime et toujours pas à celles qui travaillent.

 

Conséquences

La prostitution engendre des conséquences néfastes qui affectent l’identité et la santé physique et mentale des personnes prostituées. Tout d’abord, il est évident que les dommages psychologiques que cause la prostitution sont graves. Les prostituées subissent un stress intense chaque jour puisqu’elles ont peur de leurs clients, de leurs proxénètes ainsi que de la police. Étant donné que la plupart d’entre elles mènent une double vie, elles ont également peur d’être reconnues par des proches.47 Selon Hans Selye, le stress est un « ensemble de réactions non spécifiques de l’organisme à toute demande d’adaptation qui lui est faite. »48 Ces prostituées vivent donc constamment dans le stress de ne pas savoir ce qui les attend demain. Toutes ces craintes provoquent un stress, car elles demandent une certaine adaptation constante à ce nouveau mode de vie. Comme mentionné ci-dessus, ces prostituées vivent une double vie, elles doivent mentir à leurs proches par peur d’être jugées. Il arrive fréquemment que ce soient les proxénètes qui obligent ces femmes à mentir et ils vont même jusqu’à les isoler complètement afin qu’elles n’aient plus aucun lien social et familial.49 Il est possible ici d’étudier cette situation d’un point de vue sociologique puisque le concept d’exclusion « se donne en effet pour l’état de tous ceux qui se trouvent placés en dehors des circuits vivants des échanges sociaux. »50 Ce concept décrit donc parfaitement l’état de ces personnes prostituées.

Une grande majorité des prostituées ne ressentent plus aucune émotion, elles deviennent insensibles à leurs corps et leurs émotions avec le temps, et ce, à cause qu’elles ont plusieurs rapports sexuels répétés et dépourvus de sentiments. Au commencement, les prostituées sont exaltées parce qu’elles gagnent de l’argent tous les jours. Après un certain temps, elles sont déprimées, même suicidaires.51 Celles-ci constatent qu’elles sont en train de détruire leur vie; elles ne ressentent plus de désir sexuel, elles se lassent de tous les gestes sexuels, elles rompent tous les liens affectifs qu’elles ont avec les autres et elles-mêmes, elles perdent également leurs enfants, elles perdent confiance en les hommes et en elles-mêmes.52

En plus des conséquences psychologiques, la prostitution comporte de grands risques pour la santé. Évidemment, le Sida ainsi que les autres infections transmises sexuellement font partie de ces conséquences. Une grande majorité de prostituées consomment de l’alcool et des drogues fortes. Ces dernières ne pensent donc pas toujours à utiliser les moyens contraceptifs comme le condom, ce qui fait en sorte, que les ITS ainsi que les grossesses non désirées sont très fréquentes chez celles-ci. La drogue et l’alcool permettent également aux prostituées de garder une image positive d’elle-même puisque ces substances leur permettent de fuir la réalité53. Il est possible de dire que la drogue et l’alcool sont un certain mécanisme de défense. Selon Freud, un mécanisme de défense est un moyen de défense inconscient qui déforme la réalité. Un des cas extrêmes est le déni. Celui-ci signifie qu’une personne peut nier un événement ou quelque chose parce qu’elle ne veut pas reconnaître que ce quelque chose désagréable est en train de se produire. C’est le cas ici des prostituées qui prennent de l’alcool ou de la drogue en espérant ne pas tenir compte de ce qu’elles font et de la situation dans laquelle elles sont.54

Les personnes prostituées sont soumises à la violence et au harcèlement par les clients ainsi que leurs proxénètes. Il est question ici de violence verbale et physique. Elles reçoivent des coups ainsi que des menaces de tortures. Des études menées dans cinq pays différents démontrent que les femmes prostituées sont souvent provoquées physiquement, soit 73 % des femmes interrogées. Ces études démontrent également que 62 % des femmes interrogées ont été victimes de viols au moins une fois et 46 % l’ont été plus de cinq fois. En 1985, le taux de mortalité des prostituées au Canada était quarante fois supérieur à la moyenne nationale.55

 

Les mesures prises par les organismes

Les mesures offertes par les organismes pour venir en aide aux prostituées sont très nombreuses. Les organismes montréalais tentent d’offrir du soutien et de l’information aux travailleuses du sexe afin qu’elles puissent vivre et travailler en sécurité et avec dignité. Ils contrent la violence et les différents facteurs qui les mettent à risque de devenir infectées par le VIH et des ITS, et qui représentent des menaces envers leur intégrité physique. Ils combattent la discrimination faite aux travailleuses du sexe de même que leur isolement social et leur stigmatisation. Il tente aussi de promouvoir la décriminalisation des différentes formes de travail du sexe, de soutenir la participation des travailleuses du sexe à la communauté et dans la mise en œuvre d’actions collectives. De plus, ils favorisent la création de plates-formes d’échange sur le travail du sexe aux niveaux municipal, provincial, national et international.

Les organismes rencontrent des danseuses, des travailleuses de rues, des escortes ainsi que des masseuses par l’entremise de leurs réseaux de contacts. Ils procurent à ces hommes et femmes plusieurs services tels de l’écoute téléphonique, de l’information et des références concernant leur profession ainsi que des rencontres individuelles si nécessaire. Avec leur participation, les organismes tiennent une liste des mauvais clients et agresseurs et elle est renouvelée chaque mois, publient des magazines ciblant leur milieu ainsi qu’une multitude d’outils offerts gratuitement aux travailleuses du sexe. Des activités telles des repas communautaires, des ateliers d’arts, des rencontres d’informations juridiques, des cliniques médicales ainsi que des vaccinations gratuites sont mises en place afin de leur venir en aide. Les organismes publient également des études et des analyses du milieu chaque année.56

Les mesures et les outils mis en place pour les travailleuses du sexe sont vitaux à la protection des travailleuses, qui bénéficiant de ses mesures, peuvent converser leur santé et leur dignité tout en exerçant leur métier. De nombreux dépliants sont disponibles informant les travailleuses à propos de toutes les facettes de leurs métiers. Cinq dépliants produits par le STAR (Groupe de défense du travail du sexe et projet de recherche), informent les travailleuses sur les affaires de sécurité, de lois, de danse, d’argent et de santé reliés aux métiers à connotations sexuelles.57

De nombreux mini-guides sont également disponibles sur l’hépatite C et le sida les informant des mesures à prendre afin de ne pas contracter ces maladies ainsi que quoi faire si infectées. Le guide Dope est un guide spécialisé dans la relation des travailleuses du sexe avec les drogues, les informant sur les différentes drogues circulant dans le milieu, de leurs droits lors d’arrestations, ainsi que les actions apprendre pour sortir de leur emprise. Ce guide contient aussi beaucoup d’informations connexes telles que faire si une travailleuse toxicomane réalise qu’elle est enceinte par exemple.58

Des bulletins mensuels sont aussi publiés par les organismes afin de tenir les travailleuses de rues au courant des activités de la communauté. De cette façon, les travailleuses peuvent être à jour des activités qui leur sont offertes.59

Des manuels sont également disponibles pour les clients voulant s’informer sur le milieu de la prostitution. Ces manuels sont disponibles via les organismes et tentent de démystifier les préjugés concernant la profession. Ils renseignent aussi les clients sur les maladies vénériennes, les attitudes à adopter lors des rapports avec les travailleuses, sur les types de services offerts, sur les limites de la profession, etc.60

Les organismes disposent aussi de listes de ressources impressionnantes et de services communautaires pouvant venir en aide aux travailleuses. De nombreux centres et mouvements procurent informations, soins et services à ses travailleuses par leur entremise. Ainsi, les travailleuses peuvent profiter de service de santé, de sécurité, d’aide aux victimes d’agressions sexuelles, d’aide aux victimes d’anorexie et de boulimie, d’hébergement, de nourriture et de vêtements, d’aide juridique, etc.61

 

Les mesures prises par le gouvernement

Lorsqu’on s’interroge sur les mesures prises par les gouvernements, il est important de discerner deux types de mesures : les préventives, celles que l’on voit souvent dans les pays où la prostitution est légale ou du moins encadrée et les répressives, dans les pays où elle est illégale.

Premièrement, commençons par les mesures préventives. Le cas de l’Allemagne est le plus documenté puisqu’il est un des pays les plus industrialisés à offrir de la documentation et à ne pas tenter de cacher le phénomène. C’est en 2002 que l’état allemand légalise la prostitution et ouvre les portes de bordels à travers les différentes provinces. Le but premier étant de mettre fin à l’incohérence des lois en la matière, cesser la punition et instaurer l’encadrement. Autres motivations de l’état allemand; en ouvrant des maisons closes, c’était le seul vrai moyen de protéger les prostitués et de leur offrir des lieux et outil de travail sécuritaire. De plus, force est de constater que le crime organisé a réduit ses activités dans le domaine. Cependant, l’envers de la médaille est coûteux. En plus de coûter des centaines de millions à l’état, beaucoup de prostitués étrangers sans papier viennent s’y prostituer et n’ont pas accès à système de santé ou à l’aide juridique62. L’immigration illégale vient donc s’ajouter au lot de problèmes.

Deuxièmement, il y a les mesures répressives. Les mesures les plus connues et les plus populaires sont celles de Nicolas Sarkozy, président de l'Union pour un mouvement populaire (UMP), ministre d'État Français ainsi que ministre de l'Intérieur et de l'Aménagement du territoire.

Des diverses mesures prises par le gouvernement Français, plusieurs visent directement les proxénètes, mais découragent aussi grandement les prostituées elles même. Lorsqu’on prend connaissance des témoignages des prostituées des grandes villes de France, le même discours revient toujours : ils nous harcèlent. En effet, les mesures répressives que prennent les autorités sont radicales et s’attaquent directement au recollement, action qui a pour but d’inviter le client à utiliser ses services. Dans certains cas, certaines filles de joie se font contrôlées chaque jour. La « loi Sarkozy » a en effet rétabli comme délit le racolage, ce qui a entraîné une fragilisation de la situation des prostituées, car elles étaient victimes et elles sont devenues des coupables. De plus, leurs revenus ont diminué de près de 75 % et finalement, leur travail est une fois de plus dévalorisé.

Un autre effet de ce type de présences répressives dans les rues est de culpabiliser les clients et de rendre l’accès difficile aux ressources du milieu. Par exemple, en pleine nuit, lorsqu’un agent aborde un véhicule d’un client avec une prostituée à bord, il peut se permettre d’interroger le client afin de savoir si la prostituée l’a racolé63. Bref, force est de constater que depuis l’entrée en vigueur de la « loi Sarkozy », les 1800 prostituées de rues sont rendues 400. Cependant, il y a eu un exil dans les banlieues ou elles ont la vie dure.

Cependant, l’envers de la médaille de ce type de raisonnement est que lorsqu’une prostituée a besoin d’assistance sociale ou médicale, elle soit automatiquement vue comme une criminelle et elle ne bénéficie donc pas des mesures justes et équitables. C’est pourquoi il existe plusieurs groupes communautaires qui servent d’intermédiaire entre le système et les prostituées, mais ces derniers sont mal subventionnés par l’état.


CONCLUSION

Finalement, on constate que le phénomène du travail du sexe prend de plus en plus d’ampleur et qu’il n’est pas vu de la même façon partout dans le monde. Qu’il soit encadré, encouragé, réprimé ou ignoré, le travail du sexe est un sujet d’actualité qui nécessite d’avantage de réflexion.

 

1 Claude DUFRESNE, « La vie mondaine des demi-mondaines » , Historia (févier 2003), p. 31

2 Maurice SACOTTE, La Prostitution, Paris, 1959, nouv. Éd. 1965 ; La Prostitution. Que peut-on faire ?, Paris, 1971

3 Maurice SARTRE, « Le plus vieux métier du monde » , Histoire (avril 2002), p. 35

4 Op. cit Maurice SACOTTE

5 Op. cit Maurice SACOTTE

6 Op. cit Maurice SACOTTE

7 Op. cit Claude DUFRESNE

8 Op. cit Maurice SACOTTE

9 Henriette BLOCH et al., Grand dictionnaire de la psychologie, Paris, Larousse, 1991 p. 593

10 Claudine LEGARNIER, La prostitution, Milan, Editions Les essentiels, 1996. p. 8

11 Danielle LACASSE, La prostitution féminine à Montréal, Québec, Les Éditions du Boréal, 1994. p. 101

12 J.F COUET et A. DAVIE, Dictionnaires de l’essentiel en sociologie, Paris, Éditions Liris, 1998. p. 133

13 Op. cit. Claudine LEGARNIER

14 Helen BEE et Denise BOYD, Les ages de la vie, Saint-Laurent, ERPI, 2003. P. G-1

15 Op. cit. Claudine LEGARNIER

16 Marie-Andrée ROY. « Le trafic sexuel des femmes », Relations,  No 698 (Janv.-févr. 2005), p. 30-33

17 Op. cit. Marie-Andrée ROY

18 Le féminin est utilisé ici pour ne pas créer une surcharge dans le texte.

19 Judith LEWIS HERMAN, Trauma and Recovery, New York, Basic Books, 1992

20 Jane ALLAIN, La prostitution, Ottawa, edition Canada : Bibliothèque du parlement : Service de recherche, 1996, 278 p.

21 Rose DUFOUR, Je vous salue ... Marion, Clémentine, Eddy, Jo-Annie, Nancy, Jade, Lili, Virginie, Marie-Pierre, Valérie, Marcella, Eaucéanie, Aline, Kim, Thérèse, Manouck, Mélanie, Noémie, Marie ... pleines de grâce, Québec, Éditions Multimondes, 2005, 672 p.

22 Michel DORAIS, Travailleurs du sexe, Québec, VLB éditeur, 2003, 103 p.

23 Op. cit. Jane ALLAIN

24 Op. cit. Michel DORAIS

25 Op. cit. Jane ALLAIN

26 Op. cit. Michel DORAIS

27 Op. cit. Michel DORAIS

28 Op. cit. Michel DORAIS

29 Danielle SANTON, « Moi, Véronique, ex-prostitué », Gazette des Femmes, vol. 28, no 2 (sept/oct. 2006) p. 27-29

30 Op. cit. Michel DORAIS

31 Op. Cit. Jane ALLAIN

32 DOZIER, Marc. « Les dessous du tourisme sexuels », Grand reportage, no 269 (juin 2004) p. 35

33 Op. cit. Marc DOZIER

34 Joseph J. LÉVY et Élyzabeth LACOMBE. « Le tourisme sexuel : Ses plaisirs et ses dangers », Téoros, vol. 22, no 1 (printemps 2003) p. 4-9

35 Ibid

36 Joe PARKER, http://www.prostitutionresearch.com/how_prostitution_works/, [en ligne], (page consultée le 21 mars 2007)

37 Op. Cit. Danielle SANTON

38 Op. cit. Jane ALLAIN

39 Le féminin est utilisé ici pour ne pas créer une surcharge dans le texte.

40 Georges PITROPAKIS, « Tout s’achète à Sandanski », Courrier international, (4 sept. 2003), p. 38

41 Op. cit. Georges PITROPAKIS

42 François CAVIGLIOLI, « La nouvelle industrie du sexe : Coupe du Monde et prostitution. », Le nouvel observateur (mai 2006), p. 14

43 Alain CHOUFFAN, « Le filon des "Escort girls" », Le nouvel observateur, (juillet 2005). p. 41

44 Op. cit Alain CHOUFFAN

45 Op. cit. François CAVIGLIOLI

46 Op. cit. Georges PITROPAKIS

47 Op. cit. Claudine LEGARNIER

48 Karen HUFFMAN, Mark VERNOY et Judith VERNOY, Psychologie en direct, Québec, Modulo Éditeur, 2002, p. 468

49 Op. cit. Claudine LEGARNIER

50 Robert CASTEL, « Les pièges de l’exclusion », Lien social et politique, RIAC, vol. 34, automne 1995, p. 14

51 Yolande GEADAH, La prostitution : un métier comme un autre?, Montréal : VLB éditeur, 2003. p. 158

52 Op. cit Rose DUFOUR

53 Op. cit. Yolande GEADAH

54 Op. cit. Helen BEE et Denise BOYD

55 Op. cit. Yolande GEADAH

56 Organisme Stella, (En ligne), http://www.chezstella.org/, (page consultée le 18 mars 2007)


57 Organisme Stella, (En ligne), http://www.chezstella.org/, (page consultée le 18 mars 2007)


58 Op. cit Organisme Stella

59 Op. cit Organisme Stella

60 Op. cit Organisme Stella

61 Op. cit Organisme Stella

62 Charbonneau, Marie. « Faut-il légaliser la prostitution féminine? », Châtelaine. (mars 2004). p. 99

63 Chouffan, Alain. « Deux ans après la loi Sarkozy, Prostitution : les nouvelles filières », Nouvel Observateur, (28 juillet 2005), p. 41