Le Tourisme sexuel

Nous décrirons ce qu’est le tourisme sexuel1. Le terme « tourisme sexuel » a été inventé par les médias et on le définit comme suit : déplacement d'hommes de pays étrangers ou du même pays ayant un revenu aisé et allant vers les régions les plus défavorisées du monde dans le but spécifique d'avoir des relations sexuelles avec des enfants.  Semblerait-il que le tourisme sexuel serait la plupart du temps une vis cachée du tourisme traditionnel organisé. En effet, il y a deux groupes de voyageurs, il y a d'abord ceux qui travaillent pendant l'année et qui économise leur argent dans l'intention précise d'avoir des relations sexuelles avec des enfants. Ceux-ci organisent leur voyagent grâce à des sociétés qui proposent ouvertement des vacances vers des pays où l'industrie du sexe rapporte d'importantes sommes d'argent, faisant partie intégrante du marché du tourisme. Ensuite, il y a ceux que l'on nomme «opportunistes». Ceux-ci ne partent pas dans l'intention d'avoir des rapports sexuels avec les enfants, mais rendus au pays, ils le font sous le prétexte que c'est la « norme » dans ce pays. Sous un aspect sociologique, nous pourrions dire que le concept de culture entre ici  en jeu.2 La culture est la manière de penser, de sentir et d’agir plus ou moins formalisées, apprises et partagées par une pluralité de personnes se retrouvant au sein d’une même société. Alors, le fait que la prostitution infantile soit normalisée dans ces pays signifie que cela est une partie intégrante de leur mode de vie et de ce qu’ils ont appris.

 Parlons maintenant des victimes du tourisme sexuel. Les victimes sont pour la plupart du temps des enfants âgés entre 4 et 12 ans. Les jeunes filles de 12 ans sont cependant considérées comme étant « vieilles » En effet, les hommes qui paient pour avoir des faveurs sexuelles de jeunes enfants le font, car le fait de savoir qu’ils sont vierges les excite. En plus, ils ont la nette conviction de ne contracter aucune maladie vénérienne en allant les chercher en bas âge.3 Les hommes sont souvent prêts à payer beaucoup plus cher pour avoir un enfant âgé de 10 ans et mois, c’est-à-dire entre 500 $ et 600 $ US.  Ces enfants proviennent de familles pauvres, et souvent analphabètes. D’autres sont des enfants nés de fillettes qui sont elles-mêmes prostituées, ce qui veut dire qu’une jeune fille de 10, 11 ou 12 ans est tombée enceinte d’un homme qui a payé pour avoir ses faveurs sexuelles.

Maintenant, quels sont les endroits où l’on retrouve davantage le tourisme sexuel? Les endroits où  l’on retrouve le plus le tourisme sexuel sont : la Thaïlande, le Sud-est asiatique et l’Afrique. Selon plusieurs organismes, le tourisme sexuel serait la troisième industrie illégale dans tout le monde qui rapporte le plus d’argent après la vente de drogues et d’armes.4 Cette industrie est rendue énorme, selon ECPAT, le nombre de jeunes victimes de cette industrie est estimé à deux millions d’enfants. Il y en aurait 400 000 en Inde, 100 000 aux philippines, 300 000 en Thaïlande. De plus, dans certains pays le Gouvernement est complice avec les hommes qui s’occupent de cette industrie.5

Il y a notamment la Malaisie ou l’industrie de la prostitution infantile représente entre 2 %et 14 % de son PIB. On estime également qu’environ 85 %  des enfants victimes sont exploités par des personnes qui voyages à l’intérieur de leur propre pays, et que seulement 15 % sont des touristes étrangers. Ce qui veut dire que, ces hommes qui abusent d'enfants et la plupart des habitants des pays où se déroulent ce tourisme sexuel sont tout à fait au courant de ce qui se passe dans leur pays, mais qu'ils ne font rien pour remédier à la situation. Le tourisme sexuel semble tout à fait normal pour eux. Par contre, on a constaté durant les dernières années une augmentation de la clientèle occidentale; 25 % de toute la clientèle serait une clientèle américaine.

Ce qui est un autre point a abordé, c’est que la demande de cette exploitation infantile augmente de plus en plus d’années en années. On se pose donc les 3 questions suivantes: qui sont les clients, quel sont leurs buts et pourquoi le tourisme sexuel a-t-il augmenté ? En premier lieu, personne n’est apte à répondre à la question du « qui » avec grande précision; il semblerait que ce soit une demande surtout masculine, quoique on ne puisse en exclure la clientèle féminine. Ces hommes et ses femmes peuvent d’autant plus provenir de n’importe quelles classes sociales, ils peuvent être mariés ou célibataires, pères et mères de famille ou non, hétérosexuels ou homosexuels.

En deuxième lieu, le but reste lui aussi encore incertain. Ces hommes et ses femmes sont souvent pervers et aiment la violence. La plupart des gens croient que les personnes qui paient des enfants pour des faveurs sexuelles se limitent au sexe, mais ce n’est pas le cas.
On les affame, on les brûle, on les blesse à coups de ceinture, on les torture. On peut donc définir ces hommes et ces femmes d’acteurs sociaux, étant donné qu’ils agissent. Ces enfants sont souvent laissés pour morts, soit en raison des mauvais traitements infligés, soit en raison de maladies contractées comme le sida par exemple. En effet, ces enfants étant plus jeunes, ont un corps très fragile et saigne beaucoup lors  de relations sexuelles avec des adultes, ils ont donc plus de chance de contracter ce genre de maladies. Pour ces raisons, les experts en ont conclus que les clients étaient souvent des individus excités par la violence, et, on sait que les enfants sont plus vulnérables. Étant donné leur faible force, ils se retrouvent dans l’impossibilité de se défendre. Dans un point de vue psychologique, le fait de n’avoir aucun support social contribue à leur manque de savoir et à leur vulnérabilité face à d’importantes situations comme la leur. Le support social étant un effet qui temporise, adoucit les difficultés de la vie et réduit le stress, ces enfants ne peuvent par aucun moyen être assez forts pour passer à travers leur triste réalité. Ils se retrouvent donc piégés dans ces situations, car n’ayant aucune motivation, ils n’ont aucunement la volonté de se battre.

Ceci n’est qu’une hypothèse, mais elle semble tout de même valable et véridique.6 Les autres buts recherchés par la clientèle seraient, selon l’ECPAT, la satisfaction de leurs instincts, la quête d’exotisme, le mépris de l’autre, des justifications basées sur des préjugées et l’impunité (liberté et droit). Ces hommes et femmes loin de leur demeure, sont donc décomplexés et réalisent des fantasmes qu’ils s’interdisent chez eux.

En troisième lieu, les raisons de cette augmentation sont, elles, belles et bien réelles.7 Selon Franck Michel, un anthropologue qui a étudié le sujet, il y aurait 5 raisons qui expliqueraient l’essor du tourisme sexuel : l’appauvrissement croissant, la libéralisation des marchés sexuels encourageant plus ou moins directement la traite aux fins de prostitution, la persistance de sociétés patriarcales et sexistes, la dégradation de l’image de la femme sur fond de violence sexuelle généralisée et banalisée et l’explosion du tourisme international. Anthropologiquement parlant, ces causes seraient vues comme des faits sociaux. Ce terme désigne une manière de penser, d’agir et de sentir qui existe en dehors des consciences individuelles. On peut donc dire que le fait de vivre dans ces types de sociétés où les gens se retrouvent contraints d’agir comme on leur dicte, engendre une manière aveugle d’agir, où naissent des réalités qui deviennent socialement « ins ».  

Ces causes sont, pour Franck Michel, également les mêmes pour l’esclavagisme et le travail, ce qui nous amène maintenant à définir ces formes d’exploitation que sont l’esclavage et le travail forcé des enfants.

 


1 VÉRAN, Sylvie, et al. « Les ravages du tourisme sexuel : malgré une répression accrue, le fléau continue de s'étendre », Nouvel observateur, no2128, 18 aout 2005, p. 6-14.

2 TESSIER, André. « Les peuples du monde », Éd. Beauchemin, 1999, 232 pages.

3 KIEFER, Lio. « Des enfants crient au secours », Châtelaine, vol. 47, nº1, janvier 2006, p. 56 à 60.

4 [ANONYME] Children for sale,  [En ligne], http://www.msnbc.msn. com/ id/4038249 (page consultée le 9 mars 2007).

5 KIEFER, Lio, Op.cit, p. 56 à 60.

6 [ANONYME] Children for sale,  [En ligne], http://www.msnbc.msn. com/ id/4038249 (page consultée le 9 mars 2007).

7 MICHEL, Franck. « Vers un tourisme sexuel de masse », Monde diplomatique , no 629, août 2006, p. 3.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tourisme sexuel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le tourisme sexuel