Les complices

La Chine, le Mexique, l’Inde ainsi que les Philippines sont la quelques exemples de pays sous développés qui sont exploités par les multinationales des pays riches. Dans ces mêmes pays, entre 100 et 200 millions de jeunes de trois à 15 ans travaillent à temps plein pour survivre ou pour aider leurs parents.1 Il y aurait 25 % des employés qui fabriqueraient des produits d’exportations2. Des ballons de soccer, de la gomme, des chemises ou des jeans qui sont finalement achetés par monsieur et madame tout-le-monde.

Des multinationales telles qu’Adidas, Nike, Reebok, Eddie Bauer, Lévi Strauss, The Gap, Ikea, Wal-Mart3 et bien d’autres encore sont des entreprises qui fonctionnent avec le principe de la sous-traitance. La sous-traitance fonctionnerait d’après l’intégration verticale4, c’est-à-dire que le produit est commandé par des multinationales qui elles marchent par contrats avec leurs usines situées dans les pays plus pauvres. Les ressources matérielles sont moins chères et de moins bonnes qualités. Les produits sont donc vite faits, donc exportés plus rapidement et consommés plus rapidement. Sauf que tout le travail effectué avant de que nous profitions du produit a été réalisé par de jeunes enfants qui travaillent dans une usine de fabrication à la chaîne de longues journées pour un maigre salaire dans des conditions de vie exécrables.

En n’appliquant pas les lois comme elles devraient être appliquées, certains États5 deviennent donc complices du trafic humain, que ce soit sexuel ou pour la main d’œuvre. Il y a également des policiers et des militaires corrompus qui ferment les yeux sur le sort horrible qui attend ces jeunes enfants. Autant les complices que les clients connaissent les lois du pays où ils procèdent. Ils savent se servir de ces lois tout comme ils savent les contourner.

Des sites Internet6 complets sont voués au trafic d’être humain. Des gens se « magasinent » des jeunes filles ou des jeunes garçons pour qu’ils deviennent à la fois leur domestique, et également esclaves sexuels. Certains sites, quant à eux, se concentrent sur des forfaits voyages qui incluent l’hébergement ainsi que la location de un ou plusieurs enfants pour assouvir leurs fantasmes. L’UNICEF estime qu’il y aurait entre deux et trois millions d’enfants victimes d’exploitation sexuelle7.

Toutefois, cette pratique est beaucoup plus courante que l’on pourrait le croire. Ces enfants qui sont abusés sont soient enlevés ou soient achetés. On dit aux parents démunis que l’enfant sera engagé comme domestique, mais il deviendra en fait un esclave sexuel. Cependant, pour que ces mauvais traitements soient démasqués, cela requiert souvent l’intervention d’un journaliste ou d’un organisme humanitaire pour faire bouger les choses. Nous devons tous intervenir face à ce problème qui est maintenant un fléau mondial. Des agences de voyages spécialisées sur Internet, des proxénètes et des hôteliers servent d’intermédiaires entre l’enfant et le client. Le client peut être monsieur et madame tout le monde.

Le boycotte de certains produits ne font que déplacer le problème, car l’impact d’un boycotte n’est que temporaire. Pour réduire le nombre d’enfants qui travaillent chaque jour dans des usines de productions implantées dans des pays pauvres, la solution est tout d’abord d’éliminer la pauvreté8. Une autre solution a été mise de l’avant par l’UNICEF et le Bureau international du travail. Il s’agirait d’engager des enfants, mais seulement ceux qui doivent vraiment travailler pour survivre ou assurer la survie de leur famille. Toutefois, ces enfants profiteraient d’une éducation sur mesure à l’intérieur de leur cadre de travail9. Par contre, il y a de plus en plus d'organismes qui ont comme objectif de venir en aide à ces jeunes en supervisant leurs employeurs et en mettant de la pression sur les différents gouvernements.

1 DUSSAULT, Stéphane.  « La dure réalité », Protégez-vous, (mai 1996), p. 18-20.

2 Ibid., p. 18-20.

3 Ibid., p. 18-20.

4 GROSS, Daniel. « Externaliser la production, c’est ringard », Courrier International, no. 826, (31 août 2006), p. 48.

5 KIEFER, Lio, op.cit, p. 56-60.

6 Ibid., p. 56-60.

7 DOZIER, Marc. « Les dessous du tourisme sexuel », Grands Reportages, no 269 (juin 2004), p. 34-37.

8 

9 Ibid., p. 18-20.